Dimanche

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10h30 - Paysages avant et après la bataille

 « Paysages avant et après la bataille : Regards croisés sur des chemins de traverses et de travers »

Trois voix pour évoquer les formes plurielles des combats et leurs traces recueillies.

Jean-Jacques Gandini présentera son ouvrage sur le procès Papon, réédité en 2025 aux éditions Le passager clandestin, préfacé par Johann Chapoutot. Il sera aussi invité à évoquer son riche parcours de militant, d’écrivain, d’avocat au service de la Liberté et de l’humanité.

Mehmet Ali Dogan, anthropologue, militant de la cause kurde, emprisonné après le coup d’Etat de 1980 en Turquie nous présentera en avant-première un recueil de seize témoignages, à paraître aux Editions du croquant, récits d’itinéraires ayant en commun la « cause Kurde » au cours du demi-siècle écoulé

Daniel Bartement, géographe, évoquera « Les trente glorieuses en Catalogne Nord, paysages d’un saccage qui se poursuit »

Jean-Jacques Gandini, ancien Président du Syndicat des Avocats de France, journaliste,membre de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen.

Mehmet Ali Dogan, anthropologue, est membre de l’association turque des droits de l’Homme et directeur des relations internationales du Centre arménien d’Argentine (2014-2021).

Daniel Bartement, géographe, université Paul-Valéry Montpellier, responsable du programme Description et éloge des lieux, (EA4424 CRISES).

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14h30 - Arthur Cravan, notre contemporain ?

Il s’agira d’appréhender le contexte social, politique et culturel dans lequel Arthur Cravan est intervenu. Le début du XXe siècle se caractérise par la convergence de différentes crises politique et culturelle ainsi que par les innovations techniques induites par la révolution industrielle. Sur le terrain culturel la représentation sensible du monde entre en crise du fait de sa dévalorisation liée à la reproductibilité technique évoquée par Walter Benjamin. Quel peut être alors le rôle des artistes ? Et sur le terrain politique, la montée des nationalismes sur fond de développement du capitalisme engendre la boucherie du premier conflit mondial. Quelle peut être alors la place des hommes dans une société capable d’exterminer « mécaniquement » ses membres ?

A sa manière provocatrice, Cravan aura répondu à ces deux questions, lesquelles sont cependant aujourd’hui toujours non résolues.

Rémy Ricordeau, formé à la réalisation de documentaires aux ateliers Varan à Paris, est par ailleurs auteur de livres et rédacteur de préfaces ou d'articles parus dans différentes publications collectives ou revues. Son travail documentaire et d'écriture décline différentes thématiques telles que la critique sociale, la culture et la société chinoise (après y avoir vécu et travaillé plusieurs années), le surréalisme, ou l'art brut et l'art populaire. 

Arthur Cravan, la terreur des fauves. L'échappée, 2021 

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16h00 - La résistance antinazie de Claude Cahun et de la Main à plume

En 1940, le nazisme règne sur la quasi-totalité de l’Europe. La France est défaite. Sur l’île de Jersey, un couple d’artistes venues de Paris à la fin des années trente lance une campagne de contre-propagande contre la Wehrmacht qui occupe l’île, se faisant passer pour un mystérieux Soldat sans nom. Un soldat ordinaire, anonyme, susceptible de se retourner contre ses officiers, un frère-ennemi qui complote dans le grand corps de l’armée nazie. Sous ce nom, le couple distribue pendant quatre ans tracts, collages, fait connaître les défaites allemandes, et organise de discrètes manifestations contre la brutalité silencieuse de l’Occupation. Jusqu’à son arrestation en 1944. 

Dans le Paris occupé, un groupe de jeunes gens, peintres, poètes, militants internationalistes, fondent une revue, la Main à plume, et entrent en résistance. Parmi eux, beaucoup d’étrangers et de Juifs. Ils écrivent, peignent, font de faux-papiers, rejoignent des réseaux de renseignement. Leur résistance intellectuelle les mène jusqu’au maquis.

Ces deux figures de résistance atypiques, à l’écart des grandes organisations et des partis, dessinent une constellation qui parle à notre présent. Un engagement à la première personne, à main nue, où les armes de l’imaginaire sont mobilisables comme des puissances matérielles. Où l’humour noir, les ressources de la performance queer et de l’intime sont mobilisables comme la main du peintre qui falsifie les papiers qui permettront aux personnes juives de survivre à l’extermination. 

Léa Nicolas-Teboul est autrice et traductrice. Après un doctorat de littérature consacré à la Main à plume, publié chez Hermann, elle se consacre à des recherches libres, entre poésie, recherche et cinéma. Elle fait partie du comité éditorial du Dé rouge. 

La main à plume (1940-1944), le communisme des esprits surréalistes à l’épreuve de l’occupation, Éditions Hermann, 2023. Résistances surréalistes : Claude Cahun et la Main à plume, Babelio, 2026

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